La PAC, qu’est-ce que c’est au juste ?

  • La politique agricole commune (PAC), créée en 1957, à la sortie de la deuxième guerre mondiale, pour assurer une alimentation suffisante, à un prix accessible pour tous les européens et un revenu aux paysans. Elle a rempli son rôle jusqu’au début des années 80 grâce à la protection des marchés européens et en garantissant un prix d’achat aux producteurs. Ensuite, la PAC a entraîné une surproduction de nombreux produits agricoles et aurait donc dû être profondément réformée.
  • Un outil nécessaire pour l’Europe qui doit être adapté pour répondre aux enjeux actuels : changement climatique, dégradation de la biodiversité, diminution du nombre de paysans, désertification des territoires, perte de qualité des aliments.
  • La première politique européenne avec 43% du budget de l’Union Européenne, soit près de 60 milliards d’euros en 2011.
  • 100 euros par an en moyenne sur les impôts de chaque citoyen européen.
  • 2 piliers : le premier concerne les aides directes versées aux paysans en lien leur production, le second tourné vers des soutiens spécifiques (aux productions fragilisées, aux zones difficiles, à ceux qui s’engagent à un certain respect de l’environnement, aux nouveaux installés, etc.).
  • Un montant des aides liées à la surface aberrant pour le premier pilier puisque basé sur des calculs effectués il y a près de 20 ans. Imaginons un paysan du nord de la France qui cultive du blé, il reçoit 400 euros à l’hectare. S’il décide de changer de production et d’élever des chèvres, il continuera à toucher les mêmes aides alors que les autres éleveurs de chèvres touchent environ 40 euros l’hectare.
  • Un paiement à l’hectare qui pousse à s’agrandir toujours plus, au détriment des plus petits.
  • La promotion d’une industrialisation de l’agriculture avec ses conséquences néfastes sur l’environnement (pollution des eaux, épuisement des sols, disparition de la biodiversité, etc.), ainsi que sur la qualité, le goût et la diversité des produits ;
  • Des paysans qui ne vivent plus de la vente de leur production mais seulement des aides.
  • Une soumission aux diktats des marchés qui fait que les consommateurs voient les prix de l’alimentation augmenter, alors que les revenus des paysans diminuent.
  • 20 000 euros d’aides perçues en moyenne par ferme en France avec de fortes disparités. Plus d’1/3 des fermes ne touchent aucune aide, en particulier les producteurs de fruits et légumes, les viticulteurs et les horticulteurs ;
  • Un pactole pour les industriels (60 millions d’euros pour le volailler Doux en 2010), et pour les plus gros exploitants (722 000 euros pour le riziculteur SAS Fermes françaises en 2012).
  • La cause de la disparition de nombreux paysans : de 2,3 millions de fermes en 1955 en France on est passés à 490 000 en 2010.
  • Des exportations subventionnées vers les pays du Sud qui créent une concurrence déloyale et détruisent les agricultures locales.

Une autre PAC est possible pour une alimentation de qualité, un environnement sain et des paysans nombreux. Construisons-là!